Deux passes décisives en sept minutes, à la 85e puis à la 92e. Mercredi, face à l’Angleterre, Lionel Messi a fait basculer une demi-finale qui filait vers la prolongation. L’Argentine s’est imposée 2-1. À 39 ans, le voilà en finale de Coupe du monde, la troisième de sa carrière.

Dimanche 19 juillet, au MetLife Stadium de la banlieue de New York, l’Albiceleste défie l’Espagne pour le titre. Une affiche que le Mondial n’avait jamais produite en près d’un siècle d’existence.

Un match réglé au ralenti

Le scénario résume ce qu’est devenu Messi. Pendant une heure, il marche. Les caméras le cadrent immobile, mains sur les hanches, quand ses partenaires s’épuisent. Puis il accélère une fois, deux fois, et la rencontre change de camp. La BBC, qui a décortiqué le match, l’a comparé à « un entraîneur sur le terrain », capable de défaire un bloc entier d’un seul geste. Le média suisse 20 Minutes a même consacré une analyse à cette marche, devenue son arme d’économie pour tenir à un âge où les autres raccrochent.

Ses deux offrandes ont suffi. Un centre millimétré d’abord, une ouverture que personne n’avait vue ensuite. « Messi s’est mis à jouer comme s’il était dans son jardin », a savouré le sélectionneur Lionel Scaloni après la qualification. Le technicien est allé plus loin, cité par France 24 : « Que lui reste-t-il à faire pour être considéré comme le plus grand joueur de l’histoire ? Il n’y a plus le moindre doute. »

Une affiche jamais vue

En face se dresse l’Espagne. La Roja n’a jamais croisé l’Argentine en finale mondiale. Elle y arrive après avoir balayé la France 2-0 en demie, mardi à Dallas : un penalty d’Oyarzabal à la 22e minute, un but de Pedro Porro à l’heure de jeu sur un service de Dani Olmo. Eurosport a décrit des Bleus « insipides », dominés dans tous les secteurs. Le coup d’envoi de la finale est fixé à 21 heures, heure française, d’après le calendrier officiel de la FIFA.

Ce Mondial 2026, le premier à réunir 48 équipes et le premier partagé entre trois pays, les États-Unis, le Canada et le Mexique, aura donc accouché d’un duel latino-européen. L’Argentine y a avancé sans toujours convaincre, portée par les éclairs de son numéro 10. L’Espagne, elle, a assommé chaque adversaire par le jeu.

Le vieux maître et l’enfant de 2007

La finale oppose deux époques. D’un côté Messi, né en 1987, sixième Coupe du monde au compteur. De l’autre Lamine Yamal, l’ailier espagnol qui a fêté ses 19 ans le 13 juillet, en plein tournoi. Vingt années les séparent. Quand l’Argentin soulevait son premier Ballon d’Or, le prodige catalan n’était pas encore né.

Yamal incarne un football espagnol qui carbure aux gamins. Avec Dani Olmo et Alex Baena, il a martyrisé la défense tricolore pendant quarante-cinq minutes. Messi, lui, joue sa légende sur une dernière carte. Passé par le Paris Saint-Germain entre 2021 et 2023, aujourd’hui à l’Inter Miami, il a répété que ce Mondial américain serait son dernier. Dimanche pourrait donc être son ultime match sous le maillot argentin.

Un doublé introuvable depuis 1962

L’enjeu dépasse le seul cas Messi. L’Argentine a gagné la précédente Coupe du monde, en 2022 au Qatar, aux tirs au but contre cette même France. Conserver le titre tiendrait de l’exploit : aucune sélection n’y est parvenue depuis le Brésil de Pelé et Garrincha, sacré en 1958 puis en 1962. Soixante-quatre ans que le trophée change de mains à chaque édition.

Messi connaît les deux visages d’une finale. En 2014, il avait perdu contre l’Allemagne, un but encaissé en prolongation, la coupe frôlée puis envolée. En 2022, il l’avait enfin brandie. Une troisième finale à 39 ans le range dans un club minuscule, celui des joueurs partis à six Coupes du monde. Peu importe le résultat de dimanche, cette place-là est déjà prise.

La France pour sauver l’honneur

Reste un lot de consolation pour les Bleus. Sortis par l’Espagne, ils disputeront la petite finale contre l’Angleterre, samedi 18 juillet à Miami. Le rendez-vous signera aussi le départ de Didier Deschamps, qui quitte le banc tricolore après la compétition, au terme du plus long mandat de l’histoire de l’équipe de France. « On va tout faire pour aller chercher la troisième place », a promis le sélectionneur, cité par franceinfo. Une médaille de bronze pour refermer quatorze ans de règne.

Le week-end s’annonce chargé : France-Angleterre samedi soir pour le bronze, Argentine-Espagne dimanche à 21 heures pour l’or. À Miami, les Bleus joueront leur fierté. À New York, Messi disputera sans doute la dernière rencontre de sa carrière internationale. Réponse dimanche, vers 23 heures, au coup de sifflet final.