Les 15 et 22 mars 2026, les Français sont appelés aux urnes pour renouveler leurs conseils municipaux. Ce scrutin, qui rythme la vie politique locale tous les six ans, obéit à des règles précises. Tour d’horizon du fonctionnement des élections municipales.

Un scrutin à deux tours

Les élections municipales se déroulent sur deux dimanches consécutifs. Au premier tour, une liste peut l’emporter directement si elle obtient la majorité absolue des suffrages exprimés. Si aucune liste ne remplit cette condition, un second tour est organisé la semaine suivante. La majorité relative suffit alors pour l’emporter.

Un mode de scrutin désormais harmonisé

Jusqu’au scrutin de 2020, le mode de scrutin variait en fonction du nombre d’habitants. Ce n’est plus le cas : la loi du 21 mai 2025 a étendu le scrutin de liste paritaire aux communes de moins de 1 000 habitants, qui représentent environ 70 % des communes françaises. Toutes les communes votent donc au scrutin de liste proportionnel à deux tours, avec obligation d’alternance femme-homme sur les listes.

Conséquence directe dans les petites communes : le panachage disparaît. Les électeurs ne peuvent plus rayer des noms, en ajouter ni modifier l’ordre des candidats, et les candidatures isolées ne sont plus possibles. Seule souplesse conservée pour les communes de moins de 1 000 habitants, les listes peuvent compter jusqu’à deux candidats de moins que le nombre de sièges à pourvoir. Dans les communes de 1 000 habitants et plus, les listes doivent être complètes.

La prime majoritaire : un mécanisme clé

La liste arrivée en tête obtient automatiquement la moitié des sièges du conseil municipal. C’est la « prime majoritaire ». Les sièges restants sont répartis à la proportionnelle entre toutes les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages, y compris la liste gagnante.

Ce système garantit une majorité stable au maire élu, tout en assurant une représentation de l’opposition au sein du conseil.

Paris, Lyon et Marseille font exception. Depuis la loi du 11 août 2025, les électeurs y votent dans deux urnes distinctes, une pour le conseil municipal et une pour le conseil d’arrondissement ou de secteur. La prime majoritaire y est de 25 % des sièges pour le conseil municipal et de 50 % pour les conseils d’arrondissement.

Qui peut se présenter au second tour ?

Pour accéder au second tour, une liste doit avoir recueilli au moins 10 % des suffrages exprimés au premier tour. Les listes ayant obtenu au moins 5 % peuvent fusionner avec une liste qualifiée. Cette possibilité de fusion entre les deux tours est une particularité des municipales qui donne lieu à d’intenses négociations politiques.

L’élection du maire

Le maire n’est pas élu directement par les habitants. Ce sont les conseillers municipaux fraîchement élus qui désignent le maire parmi eux, lors de la première réunion du nouveau conseil. En pratique, c’est la tête de la liste majoritaire qui accède à cette fonction.

Les enjeux de 2026

Ce scrutin sera le premier depuis la crise du Covid-19 qui avait perturbé les municipales de 2020, marquées par une abstention record de 58,4 % au second tour. La participation sera un indicateur scruté de près. Les résultats dessineront aussi les rapports de force politiques locaux, à un an de l’élection présidentielle de 2027.

Pour voter, il faut être inscrit sur les listes électorales de sa commune. La date limite était fixée au 4 février 2026 pour une inscription en ligne et au 6 février 2026 pour une demande déposée en mairie ou envoyée par courrier. Les Français établis à l’étranger ne votent pas aux municipales, sauf s’ils sont inscrits dans une commune en France.