L’été 2003 servait de référence depuis vingt-trois ans. Le bilan publié le 3 septembre par Météo-France l’a déclassé : 24,0 °C de moyenne sur juin, juillet et août, soit 3,6 °C au-dessus de la normale, quand l’été 2003 s’était arrêté à 2,7 °C. La chaleur n’est que le premier record de la saison.

Six records dans un seul bilan

Le service météorologique national aligne pour la même saison une série de premières places. Aucune ne repose sur une projection : ce sont des mesures, comparées à une série qui commence en 1900.

  • la saison la plus chaude de toute la série française ;
  • un manque de pluie proche de 40 %, qui place l’été au deuxième rang des plus secs ;
  • un record d’ensoleillement, devant l’été 2022 ;
  • des sols plus secs qu’ils ne l’avaient jamais été en moyenne nationale ;
  • une chaleur de la mer sans équivalent connu, sur toutes les côtes de l’Hexagone comme en Corse ;
  • la saison de feux de forêts la plus dure jamais connue par le pays.

Les températures maximales portent la marque la plus visible : sur l’ensemble de la saison, elles affichent une anomalie moyenne de 4,8 °C, contre 3,3 °C pendant l’été 2003.

Trois vagues de chaleur, cinquante-trois jours cumulés

La France a passé 53 jours en vague de chaleur, répartis en trois épisodes. Le précédent maximum, 33 jours, remontait à l’été 2022.

ÉpisodeDatesDuréeAu plus fort
Première vague17 au 30 juin14 joursjusqu’à 72 départements en vigilance rouge
Deuxième vague4 au 19 juillet16 jours37 départements en vigilance rouge, 46 en orange
Troisième vague28 juillet au 19 août23 jours83 départements en vigilance orange le 14 août

Les 24 et 25 juin ont été les journées les plus chaudes jamais enregistrées en France selon l’indicateur thermique national. La troisième vague est la plus longue que le pays ait connue, à égalité avec celle de juillet 1983, mais son intensité maximale a été bien plus forte.

Le mois de juillet concentre le pic. Avec 24,9 °C de moyenne, il devient le mois le plus chaud jamais enregistré en France, tous mois confondus, devant août 2003 et ses 24,8 °C puis juillet 2006 et ses 24,4 °C.

Il n’a plu que douze jours à Blois

Le pays a compté 15 à 20 jours de pluie sur l’ensemble de la saison, pour une normale de 20 à 30, et seulement 5 à 10 près de la Méditerranée. Blois en a relevé 12 pour une normale de 23, Nantes 14 pour 22, Limoges 16 pour 26. Le déficit dépasse souvent 40 % voire 50 %, la Provence-Alpes-Côte d’Azur faisant exception avec une pluviométrie proche des normales.

L’ensoleillement a suivi le mouvement inverse, avec un excédent supérieur à 20 % en moyenne nationale et des pointes de 40 à 50 % en Bretagne et en Normandie. Brest a totalisé 778 heures de soleil, Paris et Toulouse 912 heures, Lyon 990 heures. Ces quatre villes signent leur été le plus ensoleillé.

Des nappes plus basses qu’à l’été 2025

La sécheresse des sols s’est généralisée dès juin et s’est aggravée jusqu’à la mi-août. Début juillet, les sols avaient atteint une situation jamais observée à cette période de l’année.

Sous terre, le BRGM relevait au 1er août des niveaux en baisse sur 94 % de ses points d’observation. Au même moment, 63 % des points se situaient sous les normales mensuelles, contre 44 % fin juillet 2025. Le service géologique prévoyait alors une baisse qui se poursuit, plus lente en septembre avec la fin de la saison d’irrigation.

« Cet été 2026 a été la saison des feux de forêts la plus sévère jamais enregistrée », écrit Météo-France dans son bilan.

Le service prévoit aussi que 2026 devienne l’année à la surface brûlée la plus importante depuis le début du décompte. Les départs de feu se sont multipliés de la Bretagne à la Corse, et les niveaux de danger élevé ou très élevé se sont enchaînés pendant toute la saison.

Près de 7 000 décès en excès sur deux épisodes

Le bilan humain existe, et il est encore partiel. Santé publique France a estimé à au moins 5 764 les décès en excès toutes causes pendant l’épisode du 17 juin au 2 juillet, puis à au moins 1 243 ceux de l’épisode du 3 au 22 juillet, soit une hausse de 9,2 % par rapport à la mortalité attendue sur les jours concernés dans 78 départements.

Sur ce second épisode, les personnes de 75 ans et plus représentent les trois quarts des décès en excès. Les deux épisodes cumulent au moins 7 000 décès en excès, et la troisième vague de chaleur, la plus longue des trois, n’entre pas encore dans ce compte. L’agence rappelle que ces estimations reposent sur des données de mortalité non consolidées, arrêtées au 18 août.

Un été « quasi impossible » sans changement climatique

Météo-France chiffre l’écart avec un été moyen de l’ère préindustrielle à 5,0 °C, dont 2,4 °C directement imputables au changement climatique d’origine humaine, dans une fourchette de 1,8 à 3,0 °C. Sans ce réchauffement, un tel niveau de chaleur aurait été quasi impossible. Dans le climat actuel, il reste rare, avec une possibilité sur 100 de se produire.

La suite tient dans une comparaison. Ces températures moyennes correspondraient à un été ordinaire dans une France à +4 °C. Et dès l’horizon 2050, dans une France à +2,7 °C, Météo-France attend 55 jours de vague de chaleur en moyenne une année sur vingt. L’été 2026 vient d’en compter 53.