Le 1er août, deux lignes de votre budget bougent le même jour. La facture d’électricité repart à la hausse. Le rendement du Livret A aussi. Une bonne nouvelle et une mauvaise, sauf que les deux ne jouent pas dans la même catégorie.

L’électricité reprend 2,5 % au compteur

Au 1er août, les tarifs réglementés de vente de l’électricité grimpent de 2,5 % en moyenne, toutes taxes comprises. Pour un foyer qui consomme 4 500 kilowattheures par an, la facture passe de 1 046 à 1 072 euros, soit près de 26 euros de plus sur l’année. La hausse, proposée par la Commission de régulation de l’énergie le 16 juillet, touche 19,37 millions de foyers encore abonnés au tarif réglementé fin mars, l’ancien tarif bleu. Les ménages partis vers une offre de marché ne sont pas directement concernés par ce mouvement.

L’origine de la hausse mérite un mot, car aucune de ses deux causes ne vient du prix de l’électricité elle-même. La première, c’est le tarif d’acheminement, le TURPE, celui qui paie l’entretien des lignes et des compteurs : il augmente. La seconde, c’est le nouveau mécanisme de capacité, qui rémunère les moyens de production disponibles pour les pics de consommation et entre désormais dans le calcul. Pour amortir le choc, l’État abaisse au même moment l’accise sur l’électricité, de 30,85 à 30,62 euros par mégawattheure. Résultat net sur la note : 5,98 euros de plus par mégawattheure.

Le Livret A repasse à 1,7 %, sans rattraper l’inflation

Côté épargne, le mouvement va dans le bon sens. Le taux du Livret A remonte de 1,5 à 1,7 % ce même 1er août, sa première hausse depuis un an et demi, après une longue glissade qui avait ramené le placement préféré des Français de 3 % début 2023 à 1,5 % en début d’année. En cause, le rebond des prix, poussé par les tensions au Moyen-Orient : l’inflation a atteint 2,4 % sur un an en mai, selon l’Insee, de quoi réveiller la formule de la Banque de France, qui mêle inflation et taux interbancaire. Le ministre de l’Économie Roland Lescure a acté la décision le 15 juillet : « j’ai décidé de relever le taux du Livret A à 1,7 % dès le 1er août 2026 ».

Le geste reste modeste. Six mois à 1,5 %, six mois à 1,7 % : sur l’ensemble de 2026, le rendement moyen ressort à 1,6 %, quand l’inflation est attendue autour de 2 %. L’argent posé sur le livret perd donc encore un peu de valeur. Concrètement, 1 000 euros laissés toute l’année rapportent 16 euros d’intérêts. La remontée arrive après des mois de décollecte inédite : depuis janvier, les Français retiraient plus qu’ils ne déposaient, du jamais-vu depuis 2009. Le Livret A demeure défiscalisé et plafonné à 22 950 euros, et le Livret d’épargne populaire garde, lui, ses 2,5 % réservés aux ménages modestes.

Le gain sur l’épargne ne couvre pas la hausse du courant

Mises bout à bout, les deux mesures se compensent presque, mais pas tout à fait. Sur un Livret A moyen, autour de 7 660 euros fin mai d’après la Caisse des dépôts, deux dixièmes de point supplémentaires rapportent à peine 15 euros sur une année pleine. En face, la hausse de l’électricité coûte environ 26 euros par an au foyer moyen. Le coup de pouce à l’épargne ne suffit donc même pas à éponger le surcoût du courant.

Tout dépend de chacun, bien sûr. Un Livret A proche du plafond gagne davantage, un logement chauffé à l’électricité paiera bien plus que la moyenne. Mais pour la plupart des ménages, le 1er août ressemblera surtout à une note qui grimpe, à peine adoucie par une épargne qui reste sous l’inflation.

Le prochain rendez-vous est déjà fixé : la CRE réexaminera les tarifs de l’électricité le 1er février 2027, avec les rattrapages de l’année en cours. Pour alléger la note d’ici là, il ne reste aux abonnés au tarif réglementé qu’un seul vrai levier, comparer les offres du marché.