Mardi après-midi, un centre commercial du sud du Japon s’est en partie effondré, avant qu’une explosion, vraisemblablement provoquée par une fuite de gaz, ne souffle ses murs et ne piège des clients à l’intérieur.

La secousse a frappé la préfecture de Kumamoto, sur l’île de Kyushu, vers 16 h 30 heure locale (7 h 30 GMT). L’agence météorologique japonaise l’a d’abord mesurée à une magnitude de 7,1, avant que l’institut géologique américain ne la ramène à 6,8 et ne la baptise « séisme d’Uto », du nom de la petite ville côtière proche de l’épicentre. Le foyer était peu profond, à une dizaine de kilomètres sous la surface. Au matin du 29 juillet, le bilan atteignait au moins treize morts, selon l’agence Associated Press, et plusieurs personnes restaient introuvables.

Une course contre la montre dans les décombres

Au centre commercial Aeon de Kashima, les soldats des Forces d’autodéfense ont rejoint les secouristes. Des employés avaient réussi à évacuer près de 200 clients au moment de la secousse, d’après Al Jazeera, mais l’explosion, survenue environ une heure plus tard, a mis à nu la carcasse d’acier du bâtiment. Vingt à trente salariés sont restés introuvables dans les premières heures, selon la chaîne publique NHK. Reconstruit après le tremblement de terre de 2016, le centre venait tout juste de rouvrir, à la mi-juin.

Plus au sud, à Yatsushiro, une cheminée s’est écroulée sur l’usine de pâte à papier de Nippon Paper Industries. Mercredi, les équipes de secours de Kumamoto redoutaient toujours la présence de sept personnes sous les gravats, après avoir dégagé deux survivants et deux corps.

Sans électricité, sous 32 degrés

Le séisme a privé d’électricité environ 36 900 foyers et coupé le gaz à 9 500 autres, a détaillé le porte-parole du gouvernement, Minoru Kihara. Plus de 9 000 habitants ont quitté leur logement pour gagner plus de 500 centres d’hébergement. La chaleur complique les secours : le Japon traverse une vague de canicule et les températures devaient dépasser 32 °C dans la région, obligeant les autorités à raccorder des groupes électrogènes pour climatiser les abris.

Les transports sont restés perturbés. Le Shinkansen de Kyushu, le train à grande vitesse, ne circulait toujours pas mercredi, tandis que l’aéroport de Kumamoto rouvrait après la fermeture d’une piste. Les murs de pierre du château de Kumamoto, déjà endommagés lors du séisme de 2016 et toujours en restauration, ont de nouveau été touchés, a rapporté l’agence Kyodo. Plus au sud, dans la préfecture voisine de Kagoshima, l’exploitant de la centrale nucléaire de Sendai n’a relevé aucune anomalie sur ses deux réacteurs.

Le souvenir de 2016

Pour beaucoup d’habitants, la scène en rappelait une autre. « Les secousses m’ont rappelé le séisme de Kumamoto d’il y a dix ans, j’ai eu peur », a témoigné Hiroki Shimoda, un responsable de la mairie de Mifune, à l’Associated Press. En 2016, un tremblement de terre avait fait au moins cinquante morts dans la même préfecture. Le pays, posé sur la ceinture de feu du Pacifique où se rencontrent plusieurs plaques tectoniques, enregistre des milliers de secousses chaque année et applique des normes antisismiques parmi les plus strictes au monde. Celle de mardi a tout de même été ressentie jusqu’en Corée du Sud, et une alerte au tsunami, depuis levée, avait été lancée sur la côte.

« Il reste des gens qui attendent d’être secourus, c’est une course contre la montre », a déclaré la Première ministre, Sanae Takaichi, en promettant l’envoi de vivres vers les zones sinistrées. L’agence météorologique japonaise a dénombré plus de soixante répliques et prévenu la population d’en attendre d’autres, alors que les recherches se poursuivaient, mercredi, dans les décombres du centre commercial.