Un an et demi d’attente, et un nom qui tombe sur le communiqué : Stephan Tétrault. L’homme qui a remis EB Games à flot au Canada reprend Micromania, ses quelque 300 boutiques et ses 1 200 salariés.
Dix-sept mois suspendus à GameStop
La décision remontait à février 2025. Ce mois-là, GameStop, propriétaire américain de Micromania-Zing, annonçait vouloir se séparer de sa filiale française. Depuis, les vendeurs travaillaient sans savoir de quoi le lendemain serait fait.
Le précédent avait de quoi inquiéter. La branche allemande du groupe, faute d’acquéreur, a fermé toutes ses portes. En France, le scénario de la liquidation planait sur chaque magasin. Boursorama, qui a relayé la dépêche AFP du 16 juillet, rappelle que GameStop avait racheté Micromania en 2008 et annoncé début 2025 sa volonté de céder ses magasins en France.
Quatre repreneurs, une méthode québécoise
Le sauvetage vient d’un consortium franco-québécois de quatre entrepreneurs. À sa tête, Stephan Tétrault, artisan du redressement d’EB Games outre-Atlantique. À ses côtés, Jean-François Chenail, du fonds JAMS Venture Capital, ainsi que Sandra et Stephen Callahan, derrière Cobico International et Gipsy Toys.
Les repreneurs disent vouloir « relancer Micromania », sans avoir rendu public d’engagement chiffré sur le maintien des magasins et des emplois. Le consortium annonce « une analyse approfondie du réseau de magasins », qui pourrait mener à des relocalisations de boutiques, des agrandissements ou à l’ouverture de nouveaux points de vente. Clubic note que la préservation des emplois reste à vérifier dans les prochaines semaines.
Le pari des figurines et des cartes Pokémon
Reste la vraie question : comment gagner de l’argent avec des jeux que tout le monde télécharge ? La réponse des repreneurs vient directement du Canada. Là-bas, EB Games a élargi son offre au-delà du disque et de la cartouche : figurines, produits dérivés, cartes à collectionner Pokémon ou Magic.
Les chiffres avancés par le consortium donnent le ton de la bascule. Sur le réseau canadien, 97 % des magasins seraient rentables en 2025, contre 77 % un an plus tôt, et les ventes de produits dérivés et de cartes auraient grimpé de 75 %. C’est ce modèle que les nouveaux propriétaires veulent dupliquer dans les rayons français. Positionnée sur ces produits depuis une dizaine d’années, l’enseigne dit vouloir porter cette activité à 50 % de son chiffre d’affaires, sans renoncer à son métier historique.
Un premier magasin nouvelle formule en octobre
Le calendrier est déjà posé. Un premier magasin repensé, taillé pour cette stratégie, doit ouvrir en région parisienne en octobre 2026. Il servira de vitrine à la nouvelle Micromania, celle qui parie sur le collectionneur autant que sur le joueur.
Pour une enseigne née en 1983 et longtemps synonyme de rayon jeux vidéo dans les galeries commerciales, le virage est net. La suite se jouera sur la fréquentation de ce premier magasin test, et sur la capacité des repreneurs à convaincre que l’on peut encore faire vivre 300 boutiques physiques à l’ère du tout-numérique.
