Vingt ans après avoir tiré sa révérence comme joueur, Zinédine Zidane retrouve l’équipe de France, cette fois sur le banc. Il aura patienté cinq ans depuis son départ du Real Madrid pour décrocher le poste qu’il répète avoir toujours voulu. La Fédération française de football a officialisé sa nomination ce mardi, en le présentant à la presse au siège parisien de l’institution.

À la tribune, aux côtés du président Philippe Diallo, l’ancien meneur de jeu a paraphé un contrat de quatre ans, jusqu’à la Coupe du monde 2030, effectif au 1er août. Le mot revient sans cesse dans sa bouche : « un rêve », pour celui qui confie avoir passé « cinq ans à attendre ce jour-là ». Devant les journalistes, il n’a éludé aucun sujet. « J’ai vu beaucoup de matchs en cinq ans, beaucoup plus que quand j’étais au Real Madrid. J’ai surtout vu beaucoup de matchs de l’équipe de France dans son ensemble. Je peux vous dire qu’il y a un gros potentiel », a-t-il assuré lors d’une conférence de presse suivie en direct par 20 Minutes.

De Bordeaux au Real, le CV d’un gagnant

Le palmarès parle pour lui. Champion du monde 1998 et champion d’Europe 2000 sous le maillot bleu, Zidane a bâti une deuxième vie d’entraîneur au Real Madrid, avec trois Ligues des champions remportées d’affilée entre 2016 et 2018. Depuis son dernier départ de la capitale espagnole, il y a cinq ans, il n’avait plus dirigé la moindre équipe. Comme Didier Deschamps, il est un ancien des Girondins de Bordeaux, ce que le club a tenu à rappeler sur X : « Après Didier Deschamps, un autre ancien Bordelais prend les commandes de l’équipe de France. »

Sur le fond, il a promis de rester fidèle à sa méthode. « Oui, ça ressemblera à ce que j’ai fait au Real Madrid », a-t-il indiqué à propos de son style de jeu, tout en renvoyant à la rentrée pour en dire davantage. Son encadrement, « pratiquement celui » qu’il avait à Madrid selon ses termes, sera dévoilé début septembre.

Premier rendez-vous le 25 septembre en Turquie

Zidane ne s’installera vraiment sur le banc qu’à l’automne. Son mandat s’ouvrira par la Ligue des nations, avec un calendrier qu’il a lui-même égrené : un déplacement en Turquie le 25 septembre, puis un autre en Belgique le 28, avant deux réceptions, face à l’Italie le 2 octobre et de nouveau la Belgique le 5. Deux matchs à l’extérieur pour se lancer, comme l’a détaillé Le Parisien, avant de basculer à domicile.

Devant la presse, il a aussi élargi le propos au-delà du terrain. « On est dans un beau pays avec cette mixité. J’ai grandi dans un quartier où il y avait la place pour tout le monde. Nous sommes tous des êtres humains, il faut combattre le racisme », a-t-il déclaré, sous quelques applaudissements de la salle.

De Mbappé aux Girondins, un concert d’éloges

L’annonce a déclenché une avalanche de réactions. Kylian Mbappé, capitaine des Bleus, a souhaité la bienvenue à son nouveau sélectionneur dès mardi après-midi, par une story publiée sur Instagram : « Bienvenue chez toi. » David Trezeguet, son partenaire en équipe de France et à la Juventus, y voit « le choix le plus fort pour le football français » et décrit un gagnant resté viscéralement attaché au maillot, capable d’imprimer sa marque. Devant le siège de la Fédération, une foule de supporters s’était massée pour apercevoir « Zizou ».

Sa nomination referme surtout l’ère Deschamps. Nommé en 2012 et sacré champion du monde en 2018, l’ancien capitaine des Bleus aura tenu la sélection quatorze ans, un record de longévité, avant de partir au terme du Mondial 2026. Zidane a salué son prédécesseur sans chercher à s’inscrire dans ses pas. « Dédé, c’est Dédé. Laurent Blanc, c’est Laurent Blanc. Zizou, c’est Zizou. Je vais essayer de faire ce que je sais faire », a-t-il résumé. Sa première liste de joueurs et son staff au complet sont attendus début septembre, à quelques jours du déplacement en Turquie.