L’allocation de rentrée scolaire arrive sur les comptes mardi 18 août, entre 426,87 et 466,02 euros par enfant. Par rapport à l’an dernier, l’écart tient dans une pièce de cinq euros.

Trois tranches d’âge revalorisées de 0,8 %

Le barème est public depuis le printemps. Service Public retient 426,87 euros pour un enfant de 6 à 10 ans, 450,41 euros de 11 à 14 ans et 466,02 euros de 15 à 18 ans. À la rentrée 2025, ces mêmes tranches touchaient 423,48, 446,85 et 462,33 euros, selon le gouvernement. La progression va donc de 3,39 à 3,69 euros par enfant, soit 0,8 %.

Ce taux ne sort pas d’un arbitrage de dernière minute. L’allocation suit mécaniquement la base mensuelle de calcul des allocations familiales, portée à 478,16 euros le 1er avril. Le ministère du Travail et des Solidarités a appliqué les mêmes 0,8 % au RSA, à la prime d’activité et à l’allocation aux adultes handicapés. Les barèmes, écrit-il, sont revalorisés « en fonction de la progression des prix constatée par rapport à l’année précédente ».

Une hausse calée sur l’inflation de 2025

Cette phrase explique tout le reste. Le calcul regarde derrière, pas devant. Or 2025 a été une année de prix calmes : d’après les séries de l’Insee, la hausse sur un an est restée entre 0,7 % et 1,2 % chaque mois de février à décembre. Le rebond est venu ensuite. En juillet 2026, l’inflation atteint 2,1 % sur un an, tirée par des produits pétroliers à +20,7 % et un gaz à +17,7 %. Les 3,39 euros supplémentaires versés cette semaine mesurent l’année d’avant, pas celle-ci.

Autre subtilité, invisible pour la plupart des familles : les montants annoncés en mars par le ministère, 429,01, 452,67 et 468,36 euros, ne sont pas ceux qui arrivent sur le compte. La contribution au remboursement de la dette sociale, prélevée à 0,5 %, ramène le premier chiffre à 426,87 euros. Les montants qui figurent sur les fiches officielles de la Caf et de Service Public sont déjà nets de ce prélèvement.

488 euros en moyenne, 260 en médiane

En face, la dépense grimpe plus vite. La cinquième enquête de Cofidis, menée par CSA Research auprès de 357 parents entre le 29 mai et le 8 juin, situe la dépense moyenne de rentrée à 488 euros par foyer, soit 79 de plus qu’en 2025. Mais la moyenne est déformée par le haut : le budget médian s’établit à 260 euros, et 18 % des familles seulement dépassent 500 euros. Pour la moitié des parents interrogés, l’allocation couvre donc davantage que ce qu’ils comptent dépenser.

Deux réserves accompagnent ce chiffre. L’enquête interroge tous les parents, pas seulement les foyers sous plafond de ressources, et elle mesure des intentions de dépense déclarées, pas des tickets de caisse. Les prix réels, eux, se lisent chez l’Insee : sur un an, les journaux, livres et articles de papeterie ont grimpé de 2,4 %, tandis que l’habillement et les chaussures reculaient de 2,9 %.

Un plafond de 28 956 euros pour un enfant

L’éligibilité, elle, se joue sur les revenus de 2024. Le plafond s’établit à 28 956 euros pour un enfant à charge, 35 638 euros pour deux, 42 320 euros pour trois, puis 6 682 euros par enfant supplémentaire. Un dépassement léger n’exclut pas du dispositif : une allocation différentielle, réduite, peut alors être versée. Ces plafonds ont progressé de 1,8 % en un an, soit plus vite que l’allocation qu’ils commandent.

Le versement est automatique pour les enfants de 6 à 15 ans dont le dossier est à jour. Pour les 16-18 ans, la Caf réclame une déclaration de scolarité en ligne, et un certificat d’inscription pour un enfant qui entre au cours préparatoire avant ses 6 ans. Mayotte et La Réunion ont été payées dès le 4 août. Pour la rentrée 2025, le gouvernement chiffrait la population concernée à près de 3 millions de foyers et plus de 5 millions d’enfants.

La prochaine revalorisation des prestations familiales interviendra le 1er avril 2027. Elle sera calculée sur les prix de 2026, ceux qui grimpent aujourd’hui.