L’antenne défaillante est descendue de son socle. La neuve est restée à l’intérieur de la Station spatiale internationale. Entre les deux, six heures et vingt-trois minutes dans le vide, mardi 18 août. Et une première pour une Française.
Sophie Adenot, astronaute française de l’Agence spatiale européenne, et l’Américain Anil Menon ont basculé leurs scaphandres sur batterie à 14 h 29, heure de Paris, puis regagné le sas Quest à 20 h 52. Le programme tenait en une ligne : déposer une antenne Space-to-Ground du treillis Z-1 et en poser une neuve. La première moitié a mangé tout le temps disponible.
Les débranchements électriques ont traîné, et les boulons de cardan qui devaient immobiliser la grande parabole pendant son transport vers son emplacement provisoire ont résisté, détaille Space.com. Le contrôle au sol a tranché en cours de route. Plutôt que d’entamer l’installation avec un budget de temps déjà rogné, les deux astronautes ont arrimé l’antenne défectueuse au treillis. « On regarde le temps qu’il reste, on passe directement à l’arrimage longue durée de cette antenne sur le treillis Z-1 », leur a transmis Houston. Menon a travaillé une partie de la sortie au bout du bras robotique Canadarm2.
Une antenne muette depuis novembre
Une antenne Space-to-Ground achemine la voix et les données à haut débit entre la station et le centre de contrôle de Houston, en passant par les satellites relais TDRS de la NASA. Celle du treillis Z-1 ne parvenait plus à les suivre depuis novembre, ce qui la rendait inutilisable, rapporte Space.com. La station tourne depuis avec la seconde, que la NASA décrit comme pleinement opérationnelle. La panne n’a donc jamais coupé les communications.
L’installation de l’antenne neuve est reportée à une prochaine sortie. Les responsables de mission doivent décider si la tâche s’ajoute à celle déjà programmée le 25 août ou attend plus longtemps. Avant de rentrer, le binôme a rangé ses outils, inspecté puis remplacé un repose-pied portable près du sas Quest.
Cinquième Français, première Française
Sophie Adenot est la cinquième personne de nationalité française à sortir dans l’espace, après Jean-Loup Chrétien, Jean-Pierre Haigneré, Philippe Perrin et Thomas Pesquet. Aucune femme ne figurait sur cette liste. Pilote d’hélicoptère de l’armée de l’air, puis pilote d’essai à la Direction générale de l’armement, elle totalise 3 000 heures de vol sur vingt-deux types d’hélicoptères, selon sa fiche à l’ESA. L’agence l’a sélectionnée en novembre 2022 et certifiée astronaute le 22 avril 2024.
Elle a décollé le 13 février 2026 avec Crew-12 pour εpsilon, une mission de neuf mois. Le CNES chiffre à plus de 150 heures son entraînement à ce type d’opération, au Centre européen des astronautes de Cologne et au Centre spatial Johnson de Houston. Le 6 août, elle assurait depuis l’intérieur le soutien de Menon et de Jessica Meir pendant leur propre sortie. Mardi, les rôles se sont inversés.
« Quelle journée ! Toute ma gratitude à ceux qui ont rendu cela possible, les pionniers qui nous ont précédés, mais aussi les équipes formidables qui travaillent en coulisses aujourd’hui », a-t-elle dit une fois rentrée, citée par Space.com. Pour Menon, deuxième sortie en douze jours, le compteur personnel grimpe à 12 heures et 50 minutes dehors. « Nous sommes partis avec l’idée que tout devait se passer parfaitement. Les choses ont été très différentes de ce qui était prévu, mais ce qui m’impressionne, c’est que toutes ces solutions de repli avaient été bien pensées », a-t-il dit en fin de sortie.
C’était la 282e sortie consacrée à l’assemblage, à la maintenance et aux améliorations de la station, la cinquième de l’année et la 97e réalisée en combinaison américaine depuis l’ISS. La suivante est inscrite au calendrier le 25 août.
