Six éditions de la Coupe du monde au XXIe siècle, six éliminations en quart de finale. Les Bleues ont fait sauter ce verrou le 10 septembre contre la Chine, puis écarté l’Allemagne devant son propre public. Le 13 septembre à Berlin, l’équipe de France féminine de basket dispute la première finale mondiale de l’histoire du basket français.

Le verrou des quarts a sauté

Jusqu’à cette édition, le scénario était écrit d’avance. Les Françaises arrivaient dans le tournoi avec des ambitions, puis butaient sur le même obstacle : six quarts de finale de Coupe du monde perdus de rang au XXIe siècle, rappelle Eurosport. Jamais elles n’avaient joué une demi-finale mondiale.

Le 10 septembre, la Chine et ses deux tours de 2,05 m et 2,23 m n’y ont rien changé : 90-61 pour la France, et un dernier carré enfin atteint. La Fédération française de basket-ball avance une explication chiffrée à cette montée en puissance : près de 99 points inscrits par match et 45,7 % de réussite à trois points, les deux meilleures marques du tournoi. Les statistiques d’équipe publiées par la FIBA donnent les mêmes chiffres.

Williams a signé 22 points et 4 interceptions

La demi-finale s’est jouée le 12 septembre à la Berlin Arena, devant 12 650 spectateurs très largement acquis à l’Allemagne selon le compte rendu de la FFBB. Les Bleues l’ont emportée 86-64. Nommée capitaine pour ce Mondial, Gabby Williams a terminé avec 22 points, 5 rebonds, 5 passes décisives et 4 interceptions, et a été élue meilleure joueuse de la rencontre, rapporte l’AFP.

Le reste est venu de la défense. Les Françaises ont provoqué 24 ballons perdus chez leurs adversaires. Janelle Salaün a ajouté 14 points et 11 rebonds, Marine Johannès 13 points, dont le tir primé qui a fermé le match à deux minutes trente de la fin. Avant la finale, les Françaises n’avaient pas perdu un seul match du tournoi.

Une seule médaille mondiale depuis 1953

Le palmarès mondial du basket français est court. Une médaille de bronze en 1953, à la toute première Coupe du monde féminine, et rien d’autre. Encore faut-il préciser qu’elle avait été obtenue à l’issue d’une poule finale, pas d’une demi-finale. Chez les hommes, la meilleure performance reste une troisième place, en 2014 puis en 2019.

Quel que soit le résultat de la finale, les Bleues rapporteront donc la deuxième médaille mondiale de l’histoire de la sélection, soixante-treize ans après la première. Face à l’Allemagne, elles n’avaient d’ailleurs jamais perdu : onze confrontations, onze victoires dans les archives de la FIBA.

En face, une équipe qui ne perd plus

Les États-Unis se sont qualifiés le même jour, plus difficilement, en battant l’Espagne 76-66 après avoir été rejoints à 58 partout à l’issue du troisième quart-temps. Breanna Stewart a marqué 16 points et Kahleah Copper 13, rapporte Al Jazeera. Le bilan américain pose le décor :

  • onze titres mondiaux, dont les quatre derniers consécutifs
  • huit titres olympiques de suite
  • 35 matches de Coupe du monde sans défaite
  • dernier revers dans la compétition en 2006, en demi-finale, contre la Russie

Interrogée sur la finale olympique de 2024, Breanna Stewart a écarté la question devant les journalistes : ce match-là est terminé, celui de la Coupe du monde est une rencontre entièrement nouvelle.

Un point d’écart aux Jeux de Paris

Les deux équipes se sont déjà retrouvées exactement dans cette position. En finale des Jeux olympiques de Paris, à Bercy, les Américaines l’avaient emporté 67-66. Le tir de Gabby Williams au buzzer était bien rentré, mais quelques centimètres le plaçaient en deçà de la ligne à trois points : deux points au lieu de trois, et l’or pour les Américaines.

« C’est clair qu’on est contentes, mais on ne célèbre pas, parce qu’au final, on n’a pas terminé », a déclaré Marième Badiane à l’AFP quelques minutes après la qualification, citée par Eurosport.

Dominique Malonga, pivot du Seattle Storm en WNBA, estime que la défaite de Bercy servira : « Je pense qu’elle va beaucoup nous servir, parce qu’on a déjà été dans cette position de disputer une grande finale. » Les joueuses de Jean-Aimé Toupane abordent donc ce match avec un précédent très récent contre le même adversaire.

Le coup d’envoi est fixé à 20 heures à la Berlin Arena, après le match pour la troisième place entre l’Allemagne et l’Espagne à 16 h 30, selon le calendrier officiel de la FIBA. La FFBB annonce une diffusion en direct sur TMC et beIN Sports 1.