La France a compté 3 263 morts sur ses routes métropolitaines en 2025, soit 70 de plus qu’en 2024 et 19 de plus qu’en 2019, l’année qui sert de référence à tous les objectifs européens. L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) a mis son bilan complet en ligne le 15 septembre. Il contient une donnée que personne n’a reprise : parmi ces morts, 1 514 se déplaçaient sans carrosserie, à pied, à vélo, en deux-roues motorisé ou en trottinette. En ajoutant l’outre-mer, le total français atteint 3 515 décès.
La voiture passe sous la moitié des victimes
Le bilan définitif détaille la répartition par mode de déplacement. Les véhicules de tourisme comptent 1 543 tués, les deux-roues motorisés 697, la marche 503, le vélo 235 puis les trottinettes et autres engins de déplacement personnel motorisé 79. Les 206 décès restants concernent les utilitaires, les poids lourds et les transports collectifs.
En additionnant les quatre catégories qui circulent sans carrosserie, on arrive à 1 514 morts, soit 46 % du total. Les occupants de voiture, eux, ne pèsent plus que 47 %. L’ONISR relève que la part de ces usagers dits vulnérables se renforce depuis la pandémie, chez les personnes tuées comme chez les blessés graves.
Le vélo et la trottinette tirent la courbe vers le haut
La comparaison avec 2019 retourne le classement. Cette année-là, l’observatoire recensait 3 244 morts en métropole, dont 1 622 automobilistes, 749 usagers de deux-roues motorisés (615 motocyclistes et 134 cyclomotoristes), 483 piétons, 187 cyclistes et 10 utilisateurs d’engins motorisés. Six ans plus tard, la voiture perd 79 morts et le deux-roues motorisé 52, quand le vélo en gagne 48 et la trottinette 69.
| Mode de déplacement | Tués en 2019 | Tués en 2025 | Écart |
|---|---|---|---|
| Voiture | 1 622 | 1 543 | -79 |
| Deux-roues motorisé | 749 | 697 | -52 |
| Marche | 483 | 503 | +20 |
| Vélo | 187 | 235 | +48 |
| Trottinette et engins motorisés | 10 | 79 | +69 |
Rapporté en pourcentage, cela donne une hausse de 26 % pour les cyclistes tués et de 4 % pour les piétons, pendant que la mortalité des automobilistes recule de 5 %. Le baromètre d’août 2026 prolonge la tendance sur les douze derniers mois, avec 246 cyclistes tués, un niveau supérieur de 32 % à celui de 2019.
Moins de 2 % du trafic, 21 % des morts
Deux chiffres du bilan gagnent à être posés côte à côte. Les usagers de deux-roues motorisés représentent 21 % des personnes tuées, 31 % des blessés graves et 34 % des blessés qui garderont des séquelles un an après l’accident, pour moins de 2 % du trafic motorisé.
Les cyclistes et les utilisateurs de trottinettes suivent la même pente : 10 % de la mortalité, mais 24 % des blessés graves et 36 % des blessés avec séquelles. Ces modes pèsent beaucoup plus lourd dans les blessures durables que dans les décès.
Sept blessés avec séquelles pour un mort
Le bilan estime à 247 000 le nombre de blessés en 2025, dont 16 800 gravement, en hausse respective de 4,9 % et 5,2 % par rapport à 2024. L’ONISR évalue surtout à près de 22 300 le nombre de personnes qui conserveront des séquelles un an après leur accident. Rapporté aux 3 263 décès, cela fait près de sept blessés durables pour chaque mort. La moitié d’entre eux ont moins de 35 ans.
Six morts sur dix hors agglomération
La géographie du risque, elle, n’a pas bougé. Les routes hors agglomération concentrent 1 973 décès, soit 60 % du total et 49 % des blessés graves. En ville, 1 031 personnes sont mortes, un chiffre quasiment identique à celui de 2024. L’autoroute passe de 239 à 259 morts, une hausse de 8,4 % qui en fait le réseau où la mortalité progresse le plus vite. Les hommes représentent 77 % des personnes tuées, une proportion inchangée depuis 2019.
133 adolescents tués, 39 de plus qu’en 2024
La lecture par âge réserve la hausse la plus forte aux 14-17 ans, avec 133 morts en 2025, 39 de plus que l’année précédente et 41 de plus qu’en 2019. Les 18-24 ans restent la classe d’âge la plus exposée : 96 tués par million d’habitants, presque le double de la moyenne nationale de 49. Chez les 65-74 ans, le bilan monte à 382 morts, 17 de plus qu’en 2024. Les 35-44 ans forment la tranche qui recule le plus, avec 46 décès de moins.
Le recul d’août 2026 part de très haut
Le mois d’août a envoyé un signal inverse. Le baromètre mensuel publié le 14 septembre estime à 263 le nombre de morts en métropole, contre 340 en août 2025, soit 77 de moins et près de 23 % de baisse. L’observatoire précise que le mois de comparaison figurait parmi les mois d’août les plus meurtriers des quinze dernières années. Le ministère de l’Intérieur a diffusé ces résultats le jour même et la baisse a été largement reprise dans la presse.
Le détail nuance ce recul. Il vient presque entièrement des routes hors agglomération, avec 80 tués de moins, l’agglomération n’en perd que trois et l’autoroute compte six morts de plus. Sur douze mois glissants, la mortalité ne baisse que de 1 % et reste au niveau de 2019, tandis que le nombre de blessés graves grimpe de 7 % sur un an et de 8 % par rapport à 2019.
En additionnant les huit baromètres mensuels parus depuis janvier, 2026 totalise 2 125 morts sur ses huit premiers mois. Ces relevés restent des estimations provisoires, arrêtées au 8 septembre, là où le bilan annuel est définitif et labellisé par l’Autorité de la statistique publique.
Il faudrait 13 % de moins chaque année
L’Union européenne vise une mortalité routière divisée par deux entre 2019 et 2030, un objectif inscrit dans son cadre d’action pour la sécurité routière 2021-2030 et aligné sur la décennie d’action des Nations unies. Pour la France métropolitaine, la cible se situe à 1 622 morts. Partir des 3 263 de 2025 et l’atteindre en cinq ans suppose une baisse de 13 % chaque année, sans interruption.
Six ans après l’année de référence, la mortalité routière française est revenue à son point de départ. L’ONISR publie son baromètre vers le milieu de chaque mois : celui de septembre dira si le recul de l’été tient une fois la rentrée passée.
