Sur tout le calendrier de l’été, Bison Futé n’a noirci qu’une seule journée dans le sens des départs : ce samedi 1er août. Son conseil est simple, ne pas prendre la route. Et cette année, le danger ne se mesure pas qu’en heures perdues dans les bouchons.
Une seule case noire sur tout l’été
Le 1er août est le point de bascule entre les juillettistes qui rentrent et les aoûtiens qui partent. Ce télescopage concentre sur vingt-quatre heures un volume de trafic que le réseau encaisse rarement. Bison Futé classe la journée noire dans le sens des départs sur l’ensemble du pays, et orange dans celui des retours.
Les axes vers la côte atlantique, le Sud-Ouest, le centre de la France, l’Auvergne-Rhône-Alpes et l’arc méditerranéen seront les plus chargés, avec des ralentissements dès les premières heures de la matinée. En Île-de-France, les autoroutes A6 et A10 devraient saturer en fin de matinée. Le lendemain, dimanche 2 août, repasse en orange au niveau national, avec du rouge dans le Sud-Ouest et en Auvergne-Rhône-Alpes.
Pour limiter la casse, l’organisme recommande d’abord de décaler son départ ; à défaut, de quitter les grands axes avant 6 heures du matin, avant que le trafic n’atteigne son maximum en fin de matinée. Les difficultés commencent d’ailleurs dès le vendredi 31 juillet sur la façade atlantique et le quart sud-est, et se prolongent jusqu’au lundi 3 août.
Sur autoroute, la mortalité a bondi de 35 %
Longtemps présentée comme le réseau le plus sûr, l’autoroute est devenue un point d’alerte. Sur les trois derniers mois connus, de mars à mai, le nombre de tués y a grimpé de 35 % par rapport à la même période de 2025, d’après l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière. Sur le seul mois de mai, 303 personnes sont mortes sur les routes de France métropolitaine, dix-neuf de plus qu’un an plus tôt, dont dix-sept de plus sur les seules autoroutes.
La hausse déborde le cas des grands axes. Sur douze mois, la mortalité routière progresse de 7 %, et les automobilistes, qui pèsent près de la moitié des victimes, voient leur bilan s’alourdir de 6 %. De quoi donner un relief particulier aux consignes que la Sécurité routière répète avant chaque grand départ : partir reposé, faire une pause toutes les deux heures, ranger le téléphone, tenir les limitations et boucler sa ceinture à l’avant comme à l’arrière.
Un plein qui grève déjà le budget
À la pompe, l’addition a monté avant même le départ. Le gazole a franchi la barre des 2,20 euros le litre, à 2,203 euros en moyenne le 29 juillet. Le SP95-E10 s’affiche à 2,029 euros, le SP98 à 2,111 euros. Sur un réservoir de 50 litres de diesel, le plein tourne autour de 110 euros.
TotalEnergies a bien remis le 22 juillet un plafond de 1,99 euro pour l’essence et de 2,25 euros pour le diesel dans ses stations, sans ramener le gazole sous les 2 euros. Comparer reste l’arme la plus simple : le comparateur officiel prix-carburants.gouv.fr recense les tarifs station par station, et dix centimes d’écart au litre représentent déjà cinq euros par plein. Les gros rouleurs, eux, ont jusqu’à fin août pour demander l’aide carburant de 100 euros, dont la date limite vient d’être repoussée.
Une variable, pourtant, reste à la main de chaque conducteur quand tout le pays s’élance en même temps : l’heure du départ. La décaler de quelques heures ne change rien aux vacances, mais beaucoup à la journée.
