Une pénalité moteur l’avait relégué à la 19e place sur la grille. Vingt-quatre heures plus tard, Kimi Antonelli franchissait la ligne du Grand Prix d’Italie en tête, avec 3,857 secondes d’avance sur son coéquipier chez Mercedes George Russell. Aucun pilote italien n’avait gagné à Monza depuis 1966.
Douzième au drapeau rouge, leader au 18e tour
Pierre Gasly, parti en pole, garde la tête à la première chicane. Derrière lui, Charles Leclerc et Lewis Hamilton se disputent la trajectoire et le Britannique finit dans le gravier. Russell déborde l’Alpine dès l’entame du deuxième tour, puis la course s’interrompt : Leclerc perd sa Ferrari à la sortie de la Curva Alboreto et percute les barrières. Il en sort indemne, mais la réparation des glissières impose un drapeau rouge. Au moment de l’arrêt, Antonelli avait déjà grappillé sept places et roulait douzième, d’après le rapport de course de la FIA.
La suite est allée vite. Une fois la course relancée, l’Italien repasse Oscar Piastri, puis Hamilton, puis Max Verstappen. Au 18e tour, il plonge à l’intérieur de la première chicane et prend la tête de son Grand Prix national. Les deux Mercedes se rendent ensuite coup pour coup pendant plusieurs boucles, Verstappen collé derrière, chacun jouant sur le déploiement de sa batterie comme le permettent les moteurs 2026.
Le gravier d’abord, Ascari ensuite
L’abandon de Lance Stroll, immobilisé par un problème hydraulique, provoque une voiture de sécurité virtuelle peu après la mi-course. Antonelli et Verstappen en profitent pour chausser des pneus neufs. Russell reste en piste et récupère la tête sur des gommes dures déjà entamées, qui se sont dégradées au fil des tours selon Sky Sports.
À cinq tours de l’arrivée, l’écart est effacé. Première tentative au 49e tour, à la première chicane : Antonelli se porte à hauteur, part large et traverse le gravier. Russell garde la position, pour un tour seulement. L’Italien revient à l’attaque entre le second virage de Lesmo et la chicane d’Ascari, passe et ne sera plus inquiété. Le site officiel de la Formule 1 note qu’en dehors de cette excursion dans le bac à graviers, rien n’est à reprocher à sa course sur les 53 tours.
Le dernier vainqueur italien s’appelait Scarfiotti
Pour retrouver un pilote italien vainqueur à Monza, il faut remonter à 1966 et à Ludovico Scarfiotti, sur Ferrari. Soixante ans plus tard, le circuit lombard a donc revu un des siens gagner devant ses tribunes.
« Je ne m’y attendais pas », a réagi Antonelli au micro de David Coulthard, dans la retranscription publiée par la FIA. « Je n’aurais jamais pu imaginer être ici aujourd’hui, mais on a réussi à le faire. » Gagner en partant d’aussi loin reste rare : la position de départ la plus reculée pour un vainqueur en Formule 1 est toujours la 22e place de John Watson, à Long Beach en 1983, d’après Motorsport.com.
La pole de Gasly, 29 ans après Alesi
Le week-end avait pourtant commencé par une autre histoire. Samedi, Pierre Gasly a signé la première pole position de sa carrière en 1’21″786, soit soixante millièmes devant Russell, selon le classement des qualifications de la FIA. C’est la première pole d’un pilote français depuis Jean Alesi en 1997 et la première de l’écurie d’Enstone depuis Fernando Alonso, sur Renault au Hungaroring en 2009, rappelle Motorsport.com.
« Je suis tellement heureux. Ça fait neuf ans que j’essaie de décrocher une pole position. Gagner ma première course à Monza, décrocher ma première pole sur ce circuit, je pense que c’est quelque chose de particulier ici », a déclaré Pierre Gasly, cité par Motorsport.com.
Le dimanche a été plus rude. L’Alpine n’a pas retrouvé son rythme du samedi et Gasly a reculé, dépassé par Verstappen puis par le reste du groupe de tête. Il termine septième, à 27,351 secondes du vainqueur. Son coéquipier Franco Colapinto, parti dans le gravier au premier Lesmo après la relance, remonte neuvième.
Antonelli n’était pas le seul concerné par une sanction : la FIA signalait avant la course que plusieurs changements de moteur entraîneraient des pénalités de grille, ce qui a décalé l’ordre des qualifications au moment du départ.
| Pilote | Qualifications | Arrivée |
|---|---|---|
| Pierre Gasly | 1er | 7e |
| George Russell | 2e | 2e |
| Oscar Piastri | 3e | 5e |
| Charles Leclerc | 4e | abandon |
| Lewis Hamilton | 5e | 6e |
| Max Verstappen | 6e | 3e |
| Kimi Antonelli | 7e, parti 19e après pénalité | 1er |
66 points d’avance avant Madrid
Au classement des pilotes publié par la Formule 1, Antonelli totalise 267 points contre 201 à Russell, soit 66 points d’écart après Monza, contre 59 avant la course. Lando Norris, quatrième dimanche devant son coéquipier Piastri pour 0,197 seconde, pointe à 96 longueurs du leader. Sky Sports précise que Russell devrait à son tour écoper de pénalités de grille lors d’une prochaine épreuve.
La saison ne laisse pas souffler : le Grand Prix d’Espagne se court le 13 septembre à Madrid, sur le Madring, un circuit neuf aménagé dans l’enceinte du parc des expositions de l’Ifema.
