Août est le mois le plus creux de l’année dans les concessions françaises. Celui de 2026 y a pourtant inscrit un record : 36 159 voitures électriques neuves immatriculées, soit 38 % du marché et plus du double d’août 2025, selon le relevé publié le 1er septembre par AAA DATA.
Quatre immatriculations sur dix, ou presque
Le marché des voitures particulières neuves a totalisé 94 351 immatriculations sur le mois, en hausse de 7 %, avec un jour ouvré de plus qu’un an plus tôt (21 contre 20). La croissance vient de l’électrique, qui bondit de 113 % quand l’essence, le diesel et l’hybride reculent tous les trois. Depuis janvier, 322 097 voitures électriques ont été immatriculées en France, 30 % du cumul annuel.
La pente monte depuis le printemps. AAA DATA avait déjà relevé 35 % de part de marché en juillet, le mois de réouverture du leasing social. Août ajoute trois points, et le fait avec moins de voitures : 94 351 immatriculations contre 126 808 en juillet. Un marché plus petit, une part plus grande.
L’écart avec l’hybride tient en 426 voitures
L’AVEM, l’Association pour l’Avenir du Véhicule Electro-Mobile, en tire une conclusion nette : pour la première fois, l’électrique passe devant l’hybride sur le marché français. Elle retient 35 733 immatriculations pour l’hybride contre 36 159 pour l’électrique, soit 426 voitures d’écart sur un marché de 94 351 unités.
Le classement s’inverse dès qu’on élargit le périmètre. AAA DATA range dans une même famille les hybrides complets, les micro-hybrides et les hybrides rechargeables : l’ensemble pèse alors 42 112 immatriculations et 45 % du marché, devant l’électrique. Les deux lectures sont exactes, elles ne comptent pas la même chose. Motorisation par motorisation, le mois d’août ressemble à ceci.
| Motorisation | Immatriculations | Part de marché |
|---|---|---|
| Électrique | 36 159 | 38 % |
| Micro-hybride | 18 849 | 20 % |
| Hybride complet | 16 837 | 18 % |
| Essence | 10 903 | 12 % |
| Hybride rechargeable | 5 824 | 6 % |
| Essence-GPL | 3 361 | 4 % |
| Diesel | 1 816 | 2 % |
Un loyer plafonné à 200 euros par mois
Ce qui a changé cet été porte un nom. Le leasing social a rouvert le 16 juillet 2026, et le ministère de la Transition écologique en fixe les bornes de façon très précise.
- Un revenu fiscal de référence par part inférieur ou égal à 16 880 euros.
- Un trajet domicile-travail de plus de 10 km, ou plus de 8 000 km par an à titre professionnel.
- Une location d’au moins trois ans, pour une voiture particulière électrique.
- Un loyer inférieur ou égal à 200 euros par mois toutes taxes comprises, hors services annexes, pour au moins 15 000 km par an.
- Une aide égale à 29 % du prix du véhicule, plafonnée à 6 500 euros, portée à 9 000 euros si la voiture et sa batterie sortent d’usines de l’Espace économique européen, plus 500 euros si le moteur électrique en vient aussi.
AAA DATA chiffre l’opération à 50 000 voitures proposées à 200 euros mensuels au maximum. Le dispositif a ses barrières : il ne se cumule pas avec le coup de pouce des certificats d’économies d’énergie, dont AAA DATA rappelle qu’il peut atteindre 5 700 euros, et les foyers qui ont profité du leasing en 2024 ou en 2025 en sont écartés.
L’essence chute de 40 %, le diesel de 58 %
Le revers de la médaille se lit dans les mêmes colonnes. Les immatriculations de voitures essence ont dégringolé de 40 % en août, à 10 903 unités, celles de diesel de 58 %, à 1 816 unités. Le diesel ne représente plus que 2 % des voitures neuves vendues en France. Seules les voitures essence-GPL progressent, de 26 %, à 3 361 unités.
AAA DATA avance deux explications, et aucune ne relève du goût des acheteurs. La première tient au prix des carburants, reparti à la hausse avec le durcissement des conflits au Moyen-Orient et en Ukraine. La seconde est fiscale : depuis le 1er janvier 2026, le malus au CO2 se déclenche dès 108 grammes par kilomètre contre 113 grammes en 2025, avec un plafond porté à 80 000 euros, et le malus au poids s’applique dès 1 500 kg.
Les flottes rattrapées par la taxe incitative
Chez les entreprises, la bascule est encore plus brutale. Les flottes ont immatriculé 11 085 voitures électriques en août, 87 % de plus qu’un an plus tôt, soit 42 % de leurs achats. Elles font face depuis janvier à une taxe annuelle incitative qui impose aux grandes entreprises un quota de 18 % de voitures à faibles émissions, avec une pénalité pouvant atteindre 4 000 euros. Résultat contrasté : le verdissement accélère, mais le marché des flottes recule de 9 % sur les huit premiers mois.
Les particuliers, eux, sont redevenus le centre de gravité du marché avec 48 712 voitures achetées en août, 52 % du total contre 45 % un an plus tôt.
« Les particuliers redeviennent le cœur du marché avec plus d’un achat sur deux. L’électrique s’installe comme la première motorisation choisie par les acheteurs », déclare Marie-Laure Nivot, responsable de l’analyse du marché automobile chez AAA DATA, dans le communiqué du 1er septembre.
Deux millions d’électriques sur les routes
De son côté, l’Avere-France a publié le 11 septembre un baromètre qui retient 38,8 % de part de marché et 38 917 véhicules électriques immatriculés, un écart de périmètre avec AAA DATA qui ne change pas la tendance. L’association signale surtout un autre seuil franchi : le parc roulant français dépasse les deux millions de voitures 100 % électriques.
Le podium du mois est tenu par le Tesla Model Y (4 622 immatriculations), devant la Renault 5 (2 316), le Renault Scénic (1 745), la Renault Twingo (1 574) puis la Citroën ë-C3 (1 443). Selon l’Avere-France, ces modèles se vendent vraiment à des clients finaux : les immatriculations aux professionnels de l’automobile pèsent 4 % en moyenne pour les quatre premiers, contre 35 % sur l’ensemble du marché. Les particuliers représentent 78 % des Model Y écoulés en août, 72 % des Renault 5 et 91 % des Twingo, quand les entreprises concentrent 69 % des Scénic.
L’occasion suit avec retard. Le marché a reculé de 5 % en août, à 356 008 transactions, mais les voitures électriques d’occasion y progressent de 32 %, à 15 928 ventes. Elles ne pèsent encore que 4 % des échanges.
Les trois derniers relevés mensuels d’AAA DATA ont été publiés le premier jour du mois suivant. Celui de septembre dira si le palier des 38 % tient une fois la rentrée passée, avec des livraisons de leasing social qui s’étalent sur les prochains mois.
