5,5 millions d’euros collectés, 27 millions à réunir. Le pape Léon XIV se pose à l’aéroport d’Orly le 25 septembre à 10 heures, et l’Église de France paie sa visite presque entièrement avec de l’argent donné.
Un budget qui a plus que doublé en deux mois
La Conférence des évêques de France (CEF) a posé le chiffre sur la table le 7 septembre : le budget global du voyage est « désormais évalué à 27 M€ ». Le montant couvre l’accueil des participants, la logistique, l’aménagement des sites et les charges communes à l’ensemble des étapes.
Ce n’était pas le chiffre de départ. Le 27 juillet, La Croix annonçait un budget qui pouvait atteindre 20 millions, « sensiblement supérieur aux 12 millions d’euros qui avaient été estimés, début juillet 2026, en interne ». L’information a été reprise le lendemain par le site catholique Aleteia.
| Date | Budget annoncé | Source |
|---|---|---|
| Début juillet 2026 | 12 M€ | Estimation interne, rapportée par La Croix |
| 27 juillet 2026 | jusqu’à 20 M€ | La Croix |
| 7 septembre 2026 | 27 M€ | Communiqué de la CEF |
La CEF met cette hausse sur le compte de l’affluence. Plus de 700 000 personnes se sont inscrites aux différents rassemblements et près de 2 500 journalistes sont accrédités, ce qui a conduit l’organisation à renforcer les dispositifs logistiques, sécuritaires et scénographiques.
Écrans géants, sanitaires et 10 000 bénévoles
La facture d’un rassemblement de cette taille ressemble à celle d’un festival. Podiums, écrans géants, sonorisation, mobilier liturgique, milliers de toilettes provisoires, coordination des secours, accueil de la presse : Aleteia énumérait fin juillet ces postes de dépense et chiffrait à environ 10 000 le nombre de bénévoles à encadrer. Une partie des soutiens arrive en nature, sous forme de bouteilles d’eau ou de tee-shirts pour ces bénévoles.
Le même site donne un point de comparaison utile : le voyage de Léon XIV en Espagne aurait coûté autour de 25 millions d’euros.
La loi de 1905 trace la frontière
Reste la question que tout le monde pose : qui paie quoi ? La réponse tient dans l’article 2 de la loi du 9 décembre 1905, qui dispose que « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ».
Tout ce qui sert directement à la célébration relève donc de l’Église : autel, estrade, sonorisation, écrans, sièges, sécurité privée du site. Le maintien de l’ordre dans la rue, lui, reste une mission de l’État. Cité par 24matins, Clément Benelbaz, maître de conférences en droit public à l’université Savoie Mont Blanc, résume la ligne : « le maintien de l’ordre public n’est pas une subvention au culte ». Le raisonnement vaut pour un concert ou un match dans les mêmes conditions.
15 000 policiers et gendarmes les 25 et 26 septembre
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a détaillé le dispositif dans un entretien à La Croix publié le 3 septembre. « Le vendredi 25 et le samedi 26 septembre, c’est-à-dire au moment où le public sera le plus nombreux, 15 000 effectifs seront mobilisés sur le terrain », a-t-il indiqué : policiers, gendarmes, forces mobiles et militaires de l’opération Sentinelle. Environ 14 000 seront déployés à Paris, un millier à Lourdes pour préparer l’arrivée du pape.
Pendant les trajets en papamobile, Léon XIV sera entouré d’une « bulle de protection de policiers à pied » chargée de repérer tout mouvement anormal dans la foule. Le ministre a ajouté que les services de renseignement n’avaient « pas identifié, à ce stade, de menaces terroristes spécifiques » visant la venue du pape.
Un million de personnes en un jour et demi
Lors de la conférence de presse du 8 septembre au siège de la CEF, le général Hervé Wattecamps, coordinateur de la visite pour le diocèse de Paris, a résumé l’exercice sans détour.
« Le défi, c’est quoi ? En six séquences sur un jour et demi, accueillir environ 1 million de personnes. Et les accueillir le mieux possible. […] Aujourd’hui, 8 000 personnes s’inscrivent par jour pour la messe. »
Les foules attendues, telles que les a citées Laurent Nuñez, se répartissent ainsi :
- Vendredi 25 septembre, veillée avec les jeunes au Stade de France : 80 000 personnes
- Samedi 26 septembre, messe en plein air place de la Concorde et sur les Champs-Élysées : 500 000 personnes
- Dimanche 27 septembre, messe sur la prairie du sanctuaire de Lourdes : 150 000 personnes
- Lundi 28 septembre, messe à la cathédrale Saint-Étienne de Metz : plusieurs dizaines de milliers
Le programme officiel ajoute une déambulation à pied le 25 septembre entre 16 heures et 17 heures, de l’église Notre-Dame des Champs à la place Saint-Michel, soit 2,5 km de rues piétonnisées en accès libre et sans inscription.
SMS, QR codes et chapelets pour compléter
La collecte lancée à la mi-juillet avait réuni près de 5,5 millions d’euros au 7 septembre, soit un cinquième du budget. Les dons en ligne ouvrent droit à une réduction d’impôt de 66 % et le donateur choisit l’étape à laquelle il affecte sa contribution.
Pendant les grandes célébrations, des dispositifs d’offrandes par SMS et par QR codes remplaceront les quêtes classiques. Le mécénat de grands donateurs et d’entreprises ainsi que la vente de produits dérivés, chapelets, bracelets, casquettes ou porte-clés, doivent compléter le financement. Si cela ne suffit pas, la CEF prévient qu’elle pourrait mobiliser « des ressources propres » prises sur le budget qui finance ses actions pastorales.
La collecte se poursuivra pendant toute la durée du voyage apostolique, précise la CEF dans son communiqué. L’avion du pape doit décoller de l’aéroport de Metz-Nancy-Lorraine le 28 septembre à 19 heures.
