Pendant que les studios enchaînent suites et super-héros, Christopher Nolan a misé sur un poème vieux de près de trois mille ans. Le pari vient de rapporter 1,104 milliard de dollars.
Depuis le dimanche 9 août, L’Odyssée a dépassé le cap du milliard au box-office mondial, un total qui pointait précisément à 1,104 milliard de dollars selon le compteur de Box Office Mojo. Dans la carrière du cinéaste, c’est du jamais-vu. Le film efface The Dark Knight Rises et ses 1,085 milliard récoltés en 2012, son précédent record, pour s’installer sans contestation possible comme le plus gros succès commercial de toute sa filmographie. Vingt-quatre jours de projection auront suffi pour qu’il devienne le long métrage le plus rentable de son auteur.
L’exploit a une saveur particulière. Nolan n’avait plus atteint le milliard depuis ce fameux Dark Knight Rises. Ni Interstellar, ni Dunkerque, ni même Oppenheimer et son triomphe aux Oscars n’avaient franchi la barre. Il aura fallu Ulysse, Pénélope et un détour par la guerre de Troie pour faire sauter le plafond.
289 millions en IMAX, le vrai coup de force
Le chiffre le plus parlant se cache peut-être ailleurs que dans le total brut. Le film a encaissé 289 millions de dollars dans les seules salles IMAX, un record absolu pour ce format. Il détrône Avatar, qui tenait la marque depuis 2009 avec 271 millions, note Variety. Ce résultat découle d’un choix technique radical : Nolan a tourné l’intégralité de son long métrage avec des caméras IMAX 70 mm argentiques, une première pour une fiction de cinéma.
Ce format, immense et coûteux, change la nature même de la séance. Pour voir Ulysse affronter les flots sur des écrans hauts comme des immeubles, les spectateurs se sont déplacés, et beaucoup ont payé le supplément IMAX. Fervent défenseur de la salle face au streaming, le réalisateur trouve dans ces chiffres un argument en or.
Son film le plus cher, devenu le plus rentable
Avec 250 millions de dollars de budget, L’Odyssée était l’entreprise la plus dispendieuse jamais montée par Nolan. À l’écran, une distribution où se croisent Matt Damon en Ulysse, Anne Hathaway en Pénélope, Tom Holland, Robert Pattinson, Lupita Nyong’o ou encore Zendaya. Le danger était réel : adapter Homère, sans cape ni univers étendu, pour un public biberonné aux franchises. Le film porte en prime un classement R aux États-Unis, déconseillé aux moins de 17 ans non accompagnés, un handicap commercial que très peu de titres à un milliard ont surmonté.
Le calcul est gagnant. Le long métrage a réuni environ 461 millions de dollars en Amérique du Nord et 643 millions sur le reste de la planète, d’après les décomptes de The Hollywood Reporter. Il rejoint le cercle très fermé des cinq films à avoir passé le milliard en 2026, aux côtés de Spider-Man: Brand New Day, Super Mario Galaxy, Michael et Toy Story 5, une cadence que le box-office mondial n’avait plus connue depuis les années d’avant-Covid. À lui seul, il propulse la filmographie de Nolan à plus de 7 milliards de recettes cumulées.
En France, où il est sorti le 15 juillet, le film a déjà attiré plus de 5,6 millions de spectateurs, d’après les relevés d’AlloCiné. De quoi talonner Spider-Man: Brand New Day, l’autre mastodonte de l’été dans les salles de l’Hexagone.
Le film reste à l’affiche et continue de grimper. Pour un long métrage sans cape ni suite, adapté d’un texte que les collégiens français ouvrent dès la sixième, c’est déjà une odyssée en soi.
